Lorsque nous étions enfants, ados, puis adultes nous avons formé des rêves, mis en place des projets. Et puis les choses ne se sont pas forcément passées comme on les avait rêvées : il y a eu des joies, mais aussi des tristesses, des réussites et des échecs, des espoirs et des déceptions. On devient alors comme un mur peint puis délavé par la pluie, aux couleurs passées par le soleil, couvert de taches et de fissures…
Nous serions tentés, alors, de recouvrir de blanc le mur de notre vie ou de ne garder que le bon. Tout serait plus simple alors : nous pourrions à chaque fois tout reprendre à zéro. Mais le problème, c’est que si nous effaçons notre part abîmée, c’est une part essentielle de nous même que nous effaçons. Il y a peut-être alors un autre chemin : au lieu d’opposer le bon et le mauvais, le joies et la souffrance pour ne garder que le ‘meilleur’, nous pouvons tenter de les réconcilier…
Ainsi, à travers mes Fissures Colorées, je considère l’ombre et la lumière, le sale et le propre, l’abîmé et le sain non pas comme des éléments opposés mais complémentaires : de même que les taches et les fissures structurent et renforcent mes oeuvres, de même, c’est notre part blessée, dans la mesure où nous la connaissons et l’assumons qui fait notre force.



