Cette première série a surgi lors de mes deux premières années de Beaux Arts.
Jusqu’ alors ma peinture était de type illustratif, et j’aspirais surtout à représenter mes thèmes favoris (jungles inspirées du douanier Rousseau, scènes de chevalerie) en m’attachant plus à la vision que j’en avais qu’à mon ressenti : d’où un désir d’imiter la réalité par une forme cernée et des couleurs réalistes.
Au début des Beaux Arts, j’ai été secoué de plein fouet par ma découverte de la peinture expressionniste (avec notamment Ludwig Kirchner, Edward Munch, Emil Nolde, et Arnulf Rainer). J’ai retrouvé dans leurs travaux la résonance et les soubresauts d’une énergie obscure et douloureuse, captive et pourtant lumineuse, que j’avais besoin de libérer. Cette énergie fut si forte qu’elle a balayé tel un raz de marée le cadre ‘illustratif’ dans lequel ma peinture était confinée jusque là.
C’est ainsi que j’ai délaissé le figuratif pour l’abstrait, la forme détourée pour l’éclatement, les à-plats pour des effets (coulures, dripping, essuyage, etc.). Ainsi, ma peinture a gagné en puissance et vitalité et surtout, elle est devenue sensible, c’est à dire capable d’exprimer le mélange de „Chaos et Lumière“ qui forme la nébuleuse de mon être.














